La mort me va si bien

30 juillet 2012

Introduction

 

 

Beaucoup de gens pensent que leur vie commence le jour ou ils tombent amoureux, décrochent le boulot de leur rêve, ou ont des enfants, voir même leur premier rapport sexuel. Pour moi, ma vie a commençait le jour de ma mort. Je sais cela peut paraître dingue, mais croyez moi, c'est le cas. Jusque là j'avais une existence des plus banal. Boulot banal, petit ami banal, ami(e)s banal, compte en banque banal... bref rien de très intéressant à raconter. Mais cette nuit là, celle de ma mort, cette nuit m'a transformé à jamais...Depuis cette nuit là tout est différent. Je vois enfin le monde tel qu'il est vraiment. Un monde où le monstre n'est pas forcément celui qui a les plus grandes dents.

       

                                                        CHAPITRE PREMIER

 

                 "Je n'ai pas peur de la mort, je ne veux seulement pas être là quand elle viendra" (Woody Allen)



Il faisait froid ce soir là. Le temps avait tendance à vouloir jouer au yoyo ces derniers mois. Le réchauffement climatique faisait plutôt figure de refroidissement climatique. On plafonnait à moins dix degrés depuis deux semaines. A la descente du bus, je prenais le même chemin que d’habitude, une petite ruelle sombre et peu fréquentée mais dans laquelle je ne m’étais jamais senti en danger. Pourtant le danger était proche et bientôt il donnerait un nouveau sens à ma vie. J’avançais tranquillement musique sur les oreilles et vent de pleine face. C'est alors qu'une sensation étrange me submerge. Comme-ci on m'espionnait. J’accélère le pas tout en retirant une de mes oreillettes. Je distingue un bruit de pas derrière moi, seulement hors de question de me retourner. Puis devant moi j'aperçois un groupe de trois personnes. Pendant un instant, je soupire de soulagement car je ne suis plus seule dans la rue. Mais une minute ? D'où sorte ses types ? Ils n'étaient pas là il y a dix secondes ? La panique se saisit de nouveau de moi. Car je comprends que je suis prise au piège, dans une rue où il n'y a pas âme qui vive. Je ralentis et discrètement je glisse ma main dans ma poche de manteau pour déverrouiller mon téléphone et appuyer sur le bouton d'appel. Avec de la chance, la dernière personne que j'ai appelé décrochera et viendra à mon secours en entendant ce qui suivra. Car il fallait être lucide, cela allait mal tourner. J'arrive bientôt à leur hauteur et tente de me faufiler sur la gauche du groupe mais l'un d'eux me bloque le chemin. Ils sont tous habillés pareil. Jeans noir, sweat-shirt à capuche noir et gants noir. Je me retourne pour faire demi-tour et me retrouve nez à nez avec l'homme qui me suivait. Il a la même tenu que les autres mais son visage est caché par un bandana sur lequel est dessiné une moitié de tête de mort.

« Salut ma jolie, alors tu veux déjà nous quitter ? On a même pas encore commencé »

J'essaye de garder mon calme, mais tout mon corps tremble. Je fais mine de le contourner mais il m'attrape par le bras en serrant si fort que je sens mes muscles se déchirer.

« Lâchez-moi » J'aurais voulut avoir l'air calme mais ma voix ressemblait à un crissement de pneu sur la route.

Il se rapproche si près de mon visage que je sens l'odeur de son haleine à moitié alcoolisé et à moitié goût cigarette mentholé à travers son bandana.

« Tu sens bon. Je suis sur que tu dois être bonne...

Prise de panique et dans un sursaut d'adrénaline je le frappe à l'entre jambe de toute mes forces. Le type se met à hurler et m’envoie une droite en plein dans la mâchoire. Je trébuche contre le trottoir et tombe la tête la première sur le sol en béton. Un craquement sourd se fait entendre. J'ai des vertiges et je sens comme une odeur de rouille. Ma bouche saigne. J'essaye de me relever mais ma tête me fait souffrir. Je touche alors mon front. Il est en sang. J'ai l'impression que je vais m'évanouir. Puis quelqu'un m'attrape par le bras et me tourne sur le dos. La tête me tourne tellement que je ne peux pas bouger.

« Prends ça salope ! »

C'est alors que les coups s’enchaînèrent. Le ventre, la poitrine, la tête. Je ne sais plus à quel moment mais je finis par ne plus sentir mon corps. Seul l'odeur de mon propre sang me permis de savoir que j'étais encore en vie. Mais pour combien de temps. Puis j'entendis un craquement. Et mon corps qui bougeait. C'est alors que je compris que ce salopard était en train de me violer, là, dans cette marre de sang qu'était mon corps. Ce fut rapide. Quand il eut finit son affaire, il m’assainit un dernier coup de pied dans le bassin que j'entendis se fendre. Et ils partirent, en ricanant. Soudain des cris, un grognement,, des bruits étranges et le trou noir. Je ne respirais plus. Je ne bougeais plus. Je ne sentais et ne ressentais plus rien. J'étais en train de mourir. Ou peut être même étais je déjà morte. Ce qui se passa après je ne pourrais l'expliquer que plus tard, mais tout ce que je me souviens c'est le goût du sang dans ma bouche. Des bras qui me soulèvent du sol et le vent sur mon visage. Et des battements de cœur. Les miens. Et ensuite un sommeil profond et lointain accompagné de souvenirs, des tas de souvenirs. Mais pas les miens.

 

Posté par anitamerry à 13:08 - Commentaires [0]